Une fois par an, le 8 mars, a lieu la Journée de la Femme.
Je ne sais pas s'il faut plus être outré du fait qu'il n'y en ait qu'une par an -1 jour sur 365,25 soit en pourcentage moins de 0,275% dédié au sexe qui représente bientôt plus de 50% de la population !(eh oui les statistiques disent que nous sommes en supériorité numérique ! Seulement numérique malheureusement...)-
ou bien qu'on ait eu besoin de la créér ! Je m'explique avant d'entendre un concert de protestations : en effet, si la Femme n'était pas victime de discriminations, de mysogynie, de violences conjugales, d'excision, ou de crimes au nom de l'honneur de sa famille, si elle ne devait pas se battre au quotidien pour faire valoir ses droits et améliorer sa condition, si elle avait droit à l'éducation, à l'enseignement et à l'exercice d'une profession, et ce, dans tous les pays du Monde...
pour résumer si elle était égale à l'Homme en matière de Droits, et non sous sa domination en raison d'une supposée supériorité de ce dernier, alors cette Journée internationnale de la Femme n'aurait jamais eu besoin de voir le jour...
Mais cette Journée existe...
Car malheureusement tous les faits énoncés ci-dessus, et bien d'autres encore, existent et ont lieu chaque jour...
Parce qu'il n'est plus possible de supporter celà, il faut agir !!!
Ce matin, un matin froid encore en cette fin d'hiver dans la métropole lilloise, j'ai été choquée d'assiser à la scène suivante :
Un jeune homme, d'une petite vingtaine d'années, qui arrivait en face de moi, a hellé deux demoiselles du même âge, qui marchaient sur le trottoir d'en-face dans le même sens que moi et qu'il devait trouver à son goût, en leur adressant un charmant et convivial "Hey la fille là !"... Insistance de l'individu par une seconde phrase identique à la première : peut-être parce qu'elles étaient deux, espérant, après l'indifférence de la première jeune fille, susciter l'intérêt de sa copine, qui se sentirait à coup sûr bien plus concernée par cette seconde réplique ô combien personnelle ! Et notre homme, de conclure après ce dernier échec d'un "Sales Putes !!", puis de ricaner bêtement, suivi par son accolyte d'une dizaine d'années, de sa belle et intelligente répartie !...
Je me permettrais juste d'émettre une première hypothèse, toute bête : sans doute ces jeunes filles n'ont-elles pas entendu les appels désespérés de leur dragueur des temps modernes, étant en pleine conversation de la plus haute importance sans doute, du type "Waaah mais elle est troooop belle ta jupe !! Tu l'as achetée où ??" ou bien "Alors ça y est, Bryan t'as appelé ? Waouh c'est trooop romantique !!" ou encore "Quoi t'as pas regardé Friends hier ?! Attends mais t'as loupé un truc trooop important !!" (Eh oui nous sommes la génération du "trooop !" et eh oui, ça parle souvent une fille, et eh non, pas toujours pour dire quelque chose !) Mais quelles qu'ait été leur discussion, elle était vive et couvrait assurément la voix du jeune homme, déjà mise à mal par la circulation automobile matinale !
Seconde hypothèse, en admettant qu'elles aient entendu les propos du dit-garçon, peut-on envisager une seconde qu'elles aient eut envie d'y répondre, devant des parôles si engageantes et si pleines de sens ?!...
Pour en revenir à nos affaires, j'ai été choquée du "Sales Putes" de cet energumène ! Il m'en faut peu, me direz-vous peut-être, car de telles situations sont fréquentes (notamment dans le coin, c'est vrai), mais faut-il pour autant les banaliser ? les normaliser ?
Assurément non, et je m'y refuse !
Car justement, ce n'est pas tant que cette situation ait eu lieu ce jour, Journée de la Femme (le savait-il seulement ? et quand bien même, celà lui aurait fait une belle jambe !), mais qu'elle soit courante, le jeune homme n'en étant pas visiblement à son coup d'essai, montrant dans son audace un réel entrainement et un sacré courage, d'autant qu'il n'agissait pas seul : en compagnie d'un enfant, à qui il faisait l'éducation en se montrant un exemple !
Puis-je au passage me permettre de noter que de telles situations ont lieu le plus souvent en présence d'individus en bande (l'espèce ne se déplaçant et n'agissant qu'en meute, d'où il tire sa force, étant bien trop fragile isolé...), montrant leur supériorité par rapport à leur congénères en hellant gracieusement de jeunes filles ("Eh mamoiselle, ouech t'as pas une garro ? " "Euh nan..." "Mais tu sers à rien quoi !"), et les insultant vilement en cas d'atteinte à leur virilité par échec ou indifférence suite à leur tentative d'approche...
Quelle lacheté !...
...
